Jalouse?

Jalouse, moi?

Aujourd’hui, j’avais envie de vous parler un peu de ce sentiment de frustration qui m’accompagne parfois quand je lis, ou qu’on me raconte, quelque chose d’incroyable.
Tout d’abord, il faut quand même avouer que j’ai un parcours un peu particulier: je suis une mère très jeune, et, comme je l’aime à dire, je suis « socialement inadaptée ». En d’autres termes, je suis trèèèèèès peu sociable (en tout cas dans la vraie vie). Ces deux caractéristiques combinées ont fait de moi depuis l’accouchement de mon fils une personne à la vie d’un ermite (ou presque). Je n’ai jamais connu les soirées étudiantes, les boîtes de nuit, ou ne serait-ce même un groupe d’amis étudiants soudés, sur qui on peut compter. J’ai eu une éducation assez stricte. « Libérée » du carcan des parents à 18 ans, mère à 20, faites le calcul!

Quand j’entends mes sœurs et mes beaux-frères nous raconter avec forces détails leurs soirées, leurs voyages, leurs visites, je ne peux empêcher mon cœur de se tordre un peu. Les soirées étudiantes ne me manquent pas, je ne les ai jamais connues. Mais quand j’ai quitté le domicile familial, j’étais assoiffée de cette vie remplie de culture, de liberté. J’avais envie de pouvoir déménager, visiter des pays, m’imprégner d’une nouvelle culture, d’apprendre, encore et encore de nouvelles choses, d’aller au musée, à l’opéra, d’aménager mon appartement comme je le voulais. Des petites choses en soi assez simples! Et trois ans après mon bac, quand je fais un rapide bilan de ma vie, je vois que je n’y suis pas. Alors oui, avec un enfant, on enterre pas toute vie sociale, heureusement d’ailleurs! Mais il faut bien reconnaître que le budget financier de deux étudiants avec un enfant laisse à désirer quand il s’agit de le dépenser pour des loisirs.

Je n’aime pas me plaindre (enfin, si, mais pas dans cet article, ce n’est pas mon but). C’est normal que notre vie soit ainsi, parce que nous avons tout choisi. D’abord, d’être en couple très jeune, ensuite, de se fiancer très jeune (et donc de se marier jeune) et enfin d’avoir notre enfant. Et je considère que c’est aussi normal d’avoir des regrets sur ce qu’on a pas eu le temps de vivre.

Quand je vois sur les réseaux sociaux les photos d’un voyage dans le pays que je rêve de visiter (l’Irlande, l’Angleterre, les USA, pour ne pas les citer…), j’envie, je jalouse la personne en question. Aujourd’hui, cela m’est encore arrivé. Et quand je me suis dis, encore une fois, « Rooh, c’est tellement beau, ils ont de la chance, moi, ça ne m’arrivera plus », j’ai eu un électrochoc. Une révélation: tu compte vraiment vivre comme ça? Dans le regret de ce que tu n’as pas vécu? Dans « ce qui aurait pu arriver »? Le petit diable dans ma tête m’a répondu (oui, je figure littéralement comme ça mes conversations avec moi-même, pas vous? 😉 ):  » Mais tu vois partout qu’il faut réaliser ces rêves, vivre comme si c’était le dernier jour, qu’une vie ne vaut pas la peine d’être vécue si elle n’est pas extraordinaire! » La réponse m’est venue aussi rapidement.

Tout le monde ne peut pas réaliser ses rêves. C’est comme ça. Ce n’est pas triste, c’est, littéralement, la vie. Et moi, ma vie est ordinaire. Chaque jour, je choisis de vivre cette vie ordinaire, et c’est ce choix qui la rend extraordinaire.

J’aimerais pouvoir conclure en disant que je ne serais plus jamais jalouse, mais c’est faux. J’aurais toujours un pincement au cœur. Mais maintenant, je sais que ma vie est belle telle qu’elle est aujourd’hui. Rien ne m’empêche de rêver, et parfois même de réaliser chacun de mes petits rêves! Je sais cependant que je n’aurais pas tout, comme tout le monde, et que si certains arrivent à réaliser à leurs rêves, tant mieux pour eux! Je me réjouis pour eux! Peut-être que cela m’arrivera aussi un jour?

P.S.: Je terminais cet article quand mon mari est rentré des courses avec mon fils. Il a grimpé sur mes genoux et a collé ses mains froides sur mes joues en rigolant (mon fils est déjà sadique à 10 mois). Et quand je l’ai regardé, cet article a pris tout son sens.

Bon, il tire les cheveux de son père, toujours avec ses mains froides. Je m’en vais le libérer!

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